France Info, Mac ou PC ? Le 1er avril est en avance

Sous ce titre volontairement provocateur je vous propose un contre avis sur la chronique de Jérôme Colombain diffusée hier sur France Info et disponible en podcast.

Avant de lire la suite, je vous invite à lire ou écouter la chronique. Pour ma part, je reste assez choqué d’entendre une chronique quasiment à l’opposé de tout ce que je connais d’un usage quotidien et professionnel des environnements Mac et Windows.

La première « fausse idée » que ce chroniqueur aborde est la plus choquante. Il est dit que « le Mac, c’est plus facile » est une fausse idée, et argumente en disant ceci :

Un Mac, c’est juste plus homogène. Chez Apple, tout est conçu ensemble, matériel et logiciel, ce qui aboutit à un environnement plus cohérent, plus fluide, c’est vrai, mais pas plus facile à appréhender qu’un PC sous Windows. Certes, l’ergonomie d’un Mac demeure sans égal (ex. : les élégants et bien pratiques raccourcis gestuels sur pavé tactile) malgré les efforts du monde PC pour la rattraper.

Lorsque je lis cela, je ne peux m’empêcher de penser que les arguments vont exactement à l’encontre du propos de l’auteur…

Ce qui est vrai, c’est que Mac comme PC Windows demandent le même niveau de connaissance globale pour être utilisé correctement. Cependant, si l’on visualise cela comme une montagne à gravir, on peut voir le monde Windows comme une attaque globalement frontale, proche de l’escalade, la distance de marche est plus courte, mais la pente bien plus raide… Du coté du monde Mac, on prend la pente douce, la distance est peut être plus longue, mais la pente plus douce, ce qui rend le sommet accessible simplement et rapidement au plus commun des mortels de ce monde.

Le niveau de connaissance requis est le même, mais le Mac est bien meilleur pédagogue. De fait, l’apprentissage est effectivement plus facile.

Le point deux est beaucoup plus juste, un PC ça plante, et un Mac aussi. On ne rentrera pas dans le détail de la cohérence et de l’architecture du système du Mac et des outils de développeurs qui font que les logiciels sont globalement plus stables…

Vient ensuite le sujet à troll : sur Mac, il n’y a pas de virus… L’auteur pense que c’est vrai. C’est malheureusement faux. Les virus sous Mac existent, c’est simplement qu’il y en a moins. Mais cela ne rend pas le Mac plus sur. Du fait de cette légende urbaine du Mac sans virus (largement créé par Apple il y a quelques années), on se retrouve aujourd’hui avec un parc de Mac extrêmement peu protégé alors même que le nombre d’utilisateurs augmente.

Les dernières versions d’OS X intègrent d’ailleurs des outils de signatures et un mini antivirus qui protègent à minima si l’on accepte de rester dans les clous d’Apple. Pour autant, une entreprise alerte sur les questions de sécurité pouvant par exemple être sujette à l’espionnage industriel se doit d’avoir un comportement bien plus sérieux et installer un système de protection. Pour ma part, toutes mes machines sont équipées de la suite d’Intego.

Quand j’explique cela, les gens me demandent si j’ai déjà eu des choses bloqués par ces outils. Si on exclut ce que j’ai moi-même mis en œuvre, non, jamais. Généralement, la réaction ne se fait pas attendre : « donc ça ne sert à rien ». On peut dire ça… Comme on peut dire de même des gilets de sauvetage dans les avions, des airbags, des assurances, etc.

Le point suivant est également juste, les ordinateurs Apple sont beaux, mais chers… C’est vrai, tout comme l’est la concurrence réelle des machines Apple… Un PC beau et réellement équivalent en terme matériel tourne dans les mêmes gammes de prix. Il se trouve même qu’ils sont généralement plus chers (du fait d’une demande plus rare).

Cela étant dit, nous pouvons continuer l’alternance avec un point à venir de nouveau faux. Le Mac est mieux pour la création et le PC pour la bureautique… Le commentaire de l’auteur est particulièrement creux sur le sujet :

Les applications audio et vidéo sur Mac sont particulièrement réussies tandis que les programmes bureautiques sont nombreux et puissants sur PC. Sur Mac, l’aspect loisir et plaisir est privilégié. Sous Windows, place à la productivité (par exemple, la gestion des fichiers est plus intelligente).

C’est vrai, coté audio et vidéo — que ce soit pour du particulier ou du professionnel — on est bien mieux loti sous Mac. Mais dire que les logiciels de bureautique sont plus nombreux et puissants sur PC est juste faux. L’ensemble des suites de bureautique du monde PC est disponible sous Mac (Microsoft Office, Open Office, Lotus…).

Mais une simple comparaison du nombre d’outils ne permet pas de voir l’avantage majeur du Mac sur le PC dans ce domaine. Avec des suites comme iWork et FileMaker, le système Apple dispose d’un très net avantage sur le monde PC : des logiciels faits pour répondre parfaitement à un besoin et uniquement un besoin. Que ce soit Pages vs Word, Keynote vs PowerPoint ou Numbers vs Excel, la comparaison est sans équivoque : les outils d’Apple permettent un travail beaucoup plus efficace que les outils de Microsoft. Ils sont mieux conçus, plus ergonomiques et la base de travail permet aux utilisateurs d’arriver à un rendu final beaucoup plus propre et dans un laps de temps plus court que les outils de Microsoft.

Numbers vs Excel est l’exemple parfait du  pourquoi les outils Apple sont bien plus intéressants. La critique faite à Numbers est qu’Excel permet beaucoup plus de choses complexes, Numbers lui n’est qu’un simple tableur… C’est justement là son avantage.

De nos jours, les entreprises utilisent Excel à tort et à travers. Ce logiciel est devenu un couteau suisse doté de tellement de fonctions qu’il en est tout bonnement inutilisable. Si un utilisateur d’Excel n’arrive pas à faire son travail avec Numbers c’est pour une raison très simple : il n’utilise pas le bon logiciel. Que ce soit sur Mac ou sur PC, les entreprises sont censées utiliser des moteurs de base de données pour leur procédure de travail, et non des tableurs sur un point de partage. Le bon outil pour toute TPE ou PME pour documenter son travail ce n’est pas Excel ou Word, c’est Access ou mieux, FileMaker. Ce dernier, référence en la matière, est d’ailleurs particulièrement lié à Apple…

L’auteur continu en disant que le Mac est fait pour les loisirs et le Windows pour la productivité. Assertion particulièrement fausse quand on voit les économies en temps et en argent sur les postes IT faites par les entreprises choisissant un parc 100 % Mac.

La digression finale est épique… Non, la gestion des fichiers du PC n’est pas plus intelligente… Elle est même carrément débile quand on la confronte à la totalité des systèmes UNIX. Et quand l’UNIX est un Mac, la gestion des fichiers de Windows fait pâle figure face à la puissance de Spotlight.

Vient enfin mon « on-dit » favori : PC est ouvert tandis que Mac est fermé… Il n’y a pas plus faux que cette affirmation… N’importe quel administrateur système qui a eu à intégrer des machines Windows dans des parcs gérés par autre chose que des serveurs de Microsoft sait à quel point ce système d’exploitation est une tare. Microsoft ne fournit aucune solution pour gérer son système client depuis autre chose qu’un Windows Server. Inversement, l’intégration d’un Linux ou d’un Mac dans n’importe quel type de réseau (Windows, Mac, Novel…) est juste nativement supportée.

De même, l’ensemble des produits Apple autre que les Mac (iPhone, iPod, Apple TV) fonctionnent même si les utilisateurs sont sous Windows.

Et si l’on commence à aborder la chose sous un œil d’informaticien, le Mac est conçu sur la base la plus ouverte existante : UNIX. Une base qui fait du système Mac un extrêmement bon compromis entre le monde très cloisonné et balisé de Microsoft et celui totalement ouvert et un peu déroutant de Linux et BSD.

Bref, encore un article comparatif entre Mac et PC qui met le doit à peu près n’importe où, sauf là où il faut…

Si je devais résumer mon positionnement sur la question, je dirais que le Mac colle à 95 % des usages informatiques d’aujourd’hui, tout comme les PC Windows. Les 5 % restant représentent les cas d’entreprises disposants d’applications métiers particulièrement spécifiques et ne tournant que sur une plateforme ou une autre.

Ce qui permet aujourd’hui de réellement déterminer le choix des machines est la question suivante : souhaitez-vous que le coût d’achat soit faible et le coût d’exploitation élevé ou souhaitez-vous un système vous permettant de vous concentrer sur votre travail et non sur des problèmes informatiques ?

Si vous ne voyez que le cout d’investissement, prenez un PC lowcost, quitte à faire perdre du temps au quotidien à vos utilisateurs et augmenter le temps de maintenance.

Si vous souhaitez un système avec un cycle de vie long, peu couteux au quotidien et qui sait se faire oublier dans la vie de tous les jours, prenez du Mac. L’investissement initial en machine et installation sera largement amorti par des cycles de maintenance et une durée de vie du parc hors du commun.

Une réflexion au sujet de « France Info, Mac ou PC ? Le 1er avril est en avance »

  1. Je n’aurais pas du écouter l’émission. Encore un gars qui parle sans savoir. Mon point préféré, c’est « Le Mac est mieux pour la création et le PC pour la bureautique. » Là on comprends qu’il n’a jamais ouvert un Mac équipé d’iWork… Je ne parle même pas de Textedit vs Bloc-notes ou de l’aperçu « OS X » contre la visionneuse de photo ? sauf qu’aperçu fonctionne avec bien d’autres types de fichiers… Ensuite, niveau prix, OK mais quand je voit le Mac mini et que je le compare à un Dell de la même gamme de prix… je pleure… idem MBA vs Asus ZenBook … . Ha bah c’est bien un PC, on le paye moins chère… et quand on se rend compte du coût des licences Windows… Enfin, sans parler de plantages, les messages d’erreur à tire larigot de Windows ne me manquent absolument pas, pas moins que les problèmes de compatibilité des drivers…

    :)

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